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Obligations de l'employeur Mis à jour le 10/08/2026

Jeunes de quinze à dix-huit ans : la déclaration de dérogation, et ce qu'elle suppose d'avoir fait avant

Un apprenti de dix-sept ans qui doit utiliser une machine dangereuse relève d'un régime à part. Le code interdit certains travaux aux moins de dix-huit ans, en rend d'autres possibles par dérogation, et organise cette dérogation par une déclaration — pas par une autorisation. La nuance change tout : personne ne va valider votre dossier, et c'est à vous de pouvoir montrer que les conditions étaient réunies avant l'affectation.

Trois catégories de travaux, pas deux

Le code ne connaît pas seulement l'autorisé et l'interdit. Pour les jeunes d'au moins quinze ans et de moins de dix-huit ans, il distingue trois situations.

Les travaux autorisés, qui ne posent pas de question particulière.

Les travaux interdits, qui le restent — l'article D. 4153-15 renvoie sur ce point à l'article L. 4153-8.

Et les travaux interdits susceptibles de dérogation, qui sont le cœur du sujet : interdits par principe, ils redeviennent possibles dans un cadre défini, en application de l'article L. 4153-9.

C'est cette troisième catégorie qui concerne la plupart des employeurs d'apprentis : machines dangereuses, travaux en hauteur, certaines opérations de maintenance.

Une déclaration, pas une autorisation

Le mot compte, et il change la nature de la démarche.

L'article R. 4153-41 dispose que, préalablement à l'affectation, « une déclaration de dérogation est adressée par tout moyen conférant date certaine à l'agent de contrôle de l'inspection du travail ».

Vous n'attendez donc pas un accord. Vous déclarez, avec une date certaine, et vous engagez votre responsabilité sur le fait que les conditions sont réunies.

« Par tout moyen conférant date certaine » : c'est la formule qui exclut le courriel simple sans accusé. Elle appelle un envoi dont la date puisse être prouvée sans discussion.

Cette déclaration vaut, selon l'article R. 4153-40, trois ans à compter de son envoi.

Ce que la déclaration doit préciser

Le texte en donne la liste, et elle est plus détaillée qu'un formulaire de principe. Elle précise :

  • le secteur d'activité de l'entreprise ou de l'établissement ;
  • les formations professionnelles assurées ;
  • les différents lieux de formation connus ;
  • les travaux interdits susceptibles de dérogation nécessaires à la formation professionnelle sur lesquels porte la déclaration — ainsi que, le cas échéant, les machines dont l'utilisation par les jeunes est requise, et, en cas de travaux de maintenance, les travaux et équipements en cause ;
  • la qualité ou la fonction de la ou des personnes compétentes chargées d'encadrer les jeunes pendant l'exécution de ces travaux.

Deux points méritent attention. Le quatrième oblige à nommer les travaux et les machines, pas à décrire un métier : une déclaration rédigée en termes généraux ne couvre rien de précis. Le cinquième oblige à identifier un encadrement — par sa qualité ou sa fonction, ce qui suppose que quelqu'un ait été désigné.

Ce qui doit avoir été fait avant

C'est la partie qui ne se déclare pas et qui se contrôle. L'article R. 4153-40 subordonne l'affectation à des conditions préalables, que l'employeur doit avoir remplies avant de déclarer.

L'évaluation des risques préalable à l'affectation, et la mise en œuvre des actions de prévention qui en découlent.

L'information du jeune sur les risques pour sa santé et sa sécurité et sur les mesures prises.

Son encadrement par une personne compétente pendant l'exécution des travaux.

Un avis médical d'aptitude.

L'ordre logique est donc l'inverse de l'ordre administratif : on évalue, on prévient, on informe, on encadre, on obtient l'avis médical — et seulement ensuite on déclare. Une déclaration envoyée avant que ces conditions soient réunies est une déclaration exacte sur la forme et fausse sur le fond.

Ce qu'il faut pouvoir montrer

L'article R. 4153-45 organise ce que l'employeur tient à disposition de l'agent de contrôle : les informations relatives au jeune et à sa formation, l'avis médical, les formations à la sécurité qui lui ont été dispensées, et la qualité ou la fonction des personnes chargées de l'encadrement.

C'est le pendant naturel d'un régime déclaratif : puisque personne ne valide en amont, tout se vérifie en aval, et la charge de la preuve est chez vous.

Ce que ça change dans l'organisation

Traitez la déclaration comme un aboutissement, pas comme un préalable administratif. Elle vient après les cinq conditions, pas avant.

Nommez les machines et les travaux. Le texte le demande explicitement, et une formulation vague ne protège personne.

Datez tout. L'envoi conférant date certaine, l'avis médical annuel, l'information donnée au jeune, la désignation de l'encadrant.

Posez un rappel à trois ans. C'est la durée de validité de la déclaration à compter de son envoi.

N'oubliez pas que le socle général s'applique aussi. Un apprenti est un travailleur : il relève par ailleurs de la formation à la sécurité que le code impose à tout embauché.

Côté financement

Les formations à la sécurité dispensées au jeune, comme celles qui qualifient la personne chargée de l'encadrer, sont des actions de formation qui entrent dans le plan de développement des compétences.

Ce que votre opérateur de compétences prend en charge dépend de votre convention collective et de votre effectif — le simulateur le vérifie à partir de votre SIRET.

Un point à anticiper au moment de recruter un apprenti mineur : la compétence de l'encadrant fait partie des conditions. Si personne n'est en mesure de tenir ce rôle aujourd'hui, c'est une formation à programmer avant l'arrivée du jeune, pas après.

Sources

  • Code du travail, art. R. 4153-41 — « Préalablement à l'affectation des jeunes aux travaux interdits susceptibles de dérogation mentionnés à la section 2 du présent chapitre, une déclaration de dérogation est adressée par tout moyen conférant date certaine à l'agent de contrôle de l'inspection du travail par l'employeur ou le responsable d'un établissement mentionné à l'article L. 4111-1 ou le chef d'un établissement mentionné aux articles R. 4153-38 et R. 4153-39, chacun en ce qui le concerne. Elle précise : 1° Le secteur d'activité de l'entreprise ou de l'établissement ; 2° Les formations professionnelles assurées ; 3° Les différents lieux de formation connus ; 4° Les travaux interdits susceptibles de dérogation […] nécessaires à la formation professionnelle et sur lesquels porte la déclaration de dérogation, ainsi que, le cas échéant, les machines mentionnées à l'article D. 4153-28 dont l'utilisation par les jeunes est requise pour effectuer ces travaux et, en cas d'exécution de travaux de maintenance, les travaux en cause et les équipements de travail mentionnés à l'article D. 4153-29 ; 5° La qualité ou la fonction de la ou des personnes compétentes chargées d'encadrer les jeunes pendant l'exécution des travaux précités. » — version en vigueur depuis le 13 février 2021 (Légifrance) vérifiée le 10/08/2026
  • Code du travail, art. D. 4153-15 — la section 2 détermine les travaux interdits aux jeunes âgés d'au moins quinze ans et de moins de dix-huit ans en application de l'article L. 4153-8, ainsi que les travaux interdits susceptibles de dérogation en application de l'article L. 4153-9 (Légifrance) vérifiée le 10/08/2026
  • Code du travail, art. R. 4153-40 — l'affectation aux travaux interdits susceptibles de dérogation est possible pour une durée de trois ans à compter de l'envoi de la déclaration, sous réserve que l'employeur ait au préalable procédé à l'évaluation des risques, mis en œuvre les actions de prévention, informé le jeune sur les risques pour sa santé et sa sécurité et les mesures prises, assuré son encadrement par une personne compétente, et obtenu un avis médical d'aptitude (Légifrance) vérifiée le 10/08/2026
  • Code du travail, art. R. 4153-45 — l'employeur tient à disposition de l'agent de contrôle les informations relatives au jeune, à sa formation, à l'avis médical, aux formations à la sécurité dispensées, et à la qualité ou la fonction des personnes chargées de l'encadrement (Légifrance) vérifiée le 10/08/2026
  • Code du travail, art. R. 4153-39 — les jeunes concernés par la dérogation sont notamment les titulaires d'un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation, les stagiaires de la formation professionnelle et les élèves ou étudiants préparant un diplôme professionnel ou technologique (Légifrance) vérifiée le 10/08/2026

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